Notre histoire

De saint Antoine le Grand à une chorale mondiale

IIIe–VIe siècles : Le monachisme chrétien primitif

Le concept de monachisme est ancien et se retrouve dans de nombreuses religions et philosophies. Le monachisme chrétien primitif s’inspire des exemples du prophète Élie et de Jean-Baptiste, qui vécurent seuls dans le désert, et surtout du récit de Jésus lors de sa lutte solitaire contre Satan dans le désert avant son ministère public.

Saint Antoine le Grand (vers 251–356) fut le premier chrétien célèbre à se retirer dans le désert.
Les premiers Pères du désert vivaient en ermites ; ils étaient rarement totalement isolés mais souvent proches les uns des autres.
Rapidement, des communautés peu structurées commencèrent à se former, marquant une évolution des ermites vivant seuls (« anachorètes ») vers des moines (« cénobites ») vivant en communauté sous la direction d’un abbé.
Saint Benoît (480–vers 547) rédigea une règle pour les moines qui devint la règle principale dans l’Église occidentale.

XIIe siècle : Vision fondatrice de Cîteaux

Les fondateurs de Cîteaux (premier monastère cistercien) centrèrent leurs idéaux sur le désir d’une simplicité monastique authentique et d’une pauvreté évangélique. Ils pensaient que ce renouveau pouvait être trouvé dans une interprétation plus littérale de la Règle de saint Benoît.
1112 : Bernard de Fontaines-lès-Dijon et trente de ses proches rejoignent le monastère de Cîteaux.
1115 : Le jeune Bernard, exceptionnellement charismatique et talentueux, est envoyé fonder une nouvelle abbaye cistercienne, Clairvaux, en Bourgogne. Il sera désormais connu dans le monde chrétien sous le nom de Bernard de Clairvaux. Saint Bernard fut l’un des chefs les plus influents de la première moitié du XIIe siècle et l’un des plus grands maîtres spirituels de tous les temps.

XIIe siècle : Les premières moniales cisterciennes

Le premier monastère cistercien pour femmes fut fondé à Tart, dans le diocèse de Langres (aujourd’hui Dijon), en 1125, par des moniales de l’abbaye de Jully, dépendance de Molesme, où sainte Humbeline, sœur de saint Bernard, vécut et mourut. Saint Étienne Harding établit Tart comme fille de Cîteaux et la confia à la direction pastorale de l’abbé de Cîteaux. Dès lors, des monastères féminins individuels ainsi que des fédérations de moniales cherchèrent à s’allier aux moines cisterciens, d’abord en France puis en Espagne, où le monastère royal de Las Huelgas fut fondé en 1180.

XIIe–XVe siècles : Essor, ferveur et réforme

Après sa naissance, l’Ordre cistercien connut un essor si remarquable qu’en un siècle il comptait un très grand nombre de monastères à travers l’Europe. Mais il connut inévitablement des alternances entre des périodes de grande ferveur et fidélité à l’esprit originel, suivies de périodes de moindre vitalité. Ces fluctuations rendirent nécessaires des réformes pour revitaliser et restaurer les idéaux originels de l’Ordre. Le Chapitre général se réunissait chaque année pour examiner les progrès des communautés et assurer l’intégrité de la vie cistercienne et l’uniformité des observances fondamentales.

XVe–XIXe siècles : Réforme et congrégations régionales

Après la division de la chrétienté consécutive à la Réforme protestante et avec la montée du nationalisme, les monastères de l’Ordre se divisèrent progressivement en groupes nationaux. Les congrégations formées dans diverses régions vers la première moitié des années 1440 cherchèrent à raviver l’esprit cistercien, mais beaucoup de cet élan s’était dissipé au début du XIXe siècle. Ces congrégations durent alors adapter leur mode de vie aux normes des mouvements de réforme contemporains au sein de l’Église.

XVIIe–XIXe siècles : L’Observance stricte

Au XVIIe siècle, divers mouvements de réforme émergèrent au sein de l’Ordre cistercien en France, connus sous le nom d’Observance stricte. En raison du rôle important joué par l’abbé Armand de Rancé du monastère de La Trappe, les monastères et les moines et moniales suivant cette réforme furent souvent appelés trappistes. En 1892, ces monastères furent constitués en un ordre distinct — l’Ordre cistercien de la stricte observance.